10/11/2011

" Credo " by /é-Owl

"Credo"

Dieu n'existe pas
ça m'a frappé comme un coup d'blues,
un café froid dans un jazz-bar
... entre un flipper et deux cuirs noirs
en plein New-York des années vingt.

C'est la saveur des trafics d'âmes qu'éveille en mon bas-ventre,
aux vespérales manoeuvres du quart d'attente vrillé,
les rencarts pulsionnels.

Deux junkies sous des néons pluvieux
et une blonde langoureuse dans les bouches du quartier
où les métros malmènent ces hommes porte-manteaux
cirés

et ma vie cendrier ne comble plus mes peines.
Mes veines en artères
je débine en couleurs
sous la grisaille des postes et des chambres d'hôtel
miteuses
où râlent à toutes fenêtres des précieuses masochistes.

J'ai confondu le paradis avec les lits crasseux, autels,
des sacrifices modernes, mortuaires,
de cannibales avides de chairs.
Quatre glaçons dans mon whisky passent dans ma tête en s'égarant,
se dissipant au coin des rues sous le feu des lampadaires crus.

Rendu d'un monde d'éclats, plongé
dans les ténèbres je vogue où vaquent les putes quand elles ne travaillent pas,
j'immerge, au plus profond des eux,
les portraits décousus des yeux d'or pur, airains
qui cherchent la pépite dans ce bourbier de sang.

L'horizon éreinté ce n'est qu'un point blanchi, caché de lasses tours et de miradors gris
Autour desquels s'alignent les brumes et les effluves du béton froid et des tranchées.
Dehors,
les hommes se lèvent, s'en vont marcher,
sur les cadavres de l'avant-veille
les balles sifflant à leurs oreilles ;

au loin les voix de leurs enfants, éperdus et d'ivresse
et de plombs, de tortures,
et raflés de n'avoir jamais eu de prière
et d'étoiles en qui croire,
leur rappellent leurs tourments, leurs douleurs
et ce qu'ils ont pleuré.

Un credo :
l'amour que Dieu vous donne il le reprend au triple
et l'arrache des bras morts des mères en mal d'amour.
Les cieux de leurs sourires, miroitent sarcastiques,
aux angelots pervers et aux saints expiatoires.

Non Dieu n'existe pas, héroïne de mes jours
luxurons nous au mieux, roulons sur le plancher ;
un jour neuf s'est levé sur les trottoirs déserts
où des hommes sans but s'en vont errer sans peur.

J'ai revêtu ces plaintes pour acquérir une pâle, figure d'humanité,
me suis bercé des larmes de ceux qui pouvaient fondre au soleil rouge de leurs nuits blanches.

Il y a dans ma tête tout un monde qui crie,
les fantômes de mes pairs, déjà morts mais bien vifs
et les crocs d'un monstre noir qui me rappelle à ses abîmes.

 

/é-Owl   source: outrereve.com

13:18 Écrit par jim | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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