14/08/2011

Massambalo's blues.

 

MASSAMBALO'S BLUES.

A la sortie du port
dans l'ombre des pinèdes
là où les métaux rouillés
dansent la gigue avec les ronces
dans les chuintements
des poulies de guillotines vaincues
là où la lune
pathétique lampe de chevet aléatoire
livrée aux caprices des nuages
est la seule à accepter d'éclairer
des derniers billets verts prêtés
par des usuriers racketteurs
qui s'imaginent déjà mafias
des hommes sans charte
des femmes sans toit
et des enfants sans jeunesse
s'épuisent à rêver
aux ravissements de la terre d'en face

qu'as tu mangé hier
qui seras-tu demain
toujours tu cherches la frontière
mais devant il n'y a plus rien

rien que l'océan criminel
et les patrouilles de police militaire
rien que le vent fratricide
qui accroche dans les grilles
la peau des mains
et les malheurs du temps
rien que des songes
et le désert derrière
qui attend tes os
tes pleurs
et tes égarements

nourries de fièvres pandémiques
les marches millénaires
les migrations ancestrales
prennent une toute autre valeur
comme si tu avais oublié
que les terreurs irrépressibles
ont toujours fait partie du voyage

même si les craintes d'antan
avait une généalogie
une grille de lecture
des firmaments
sois certain qu'elles te tuaient tout autant
que cette harassante fuite en avant
qui est désormais ton seul salut

qu'as-tu mangé hier
qui seras-tu demain
toujours tu cherches la frontière
mais devant il n'y a plus rien

rien que des assemblages de vieux bois pouilleux
qui font ces barques
que faute de mieux
tu es prêt à enfourcher

afin de tenter de passer de l'autre côté

de l'autre côté

ici...


lord jim

21:17 Écrit par jim | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je passais par là, je m'y suis arrêtée et j'ai troué ce texte magnifique de vérité.

Bernie

Bernadette Herman

Écrit par : bernadette | 17/03/2012

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