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CADASTRE Là-bas oui je sais jim c'est juste à quatre kilomètres c'est pas bien loin juste un litron de vin local partagé en marchant en se souvenant des lents soirs d'été à regarder les coques et les jambes des filles sur les quais à cargos d'Anvers et nous y sommes mais ici désormais on dit là-bas c'est pourtant pas loin quelques plantations abandonnées par peur superstitueuse des drones un point d'eau du gibier sauvage que personne ne chasse plus je te parle dans mon mauvais français tu éclates de rire deux fois et nous voici en haut de la colline enfin presque encore trente mètres et le paysage t'appartiendra mon ami sauf que ce magnifique paysage terrain de jeu de l'enfance de tous mes ancêtres un mur te le vole un mur que la communauté internationale réprouve en vain mon chez moi d'avant je n'y ai plus droit il est devenu là-bas c'est simple non? c'est basique même je ne peux plus retourner chez moi cultiver ma terre embrasser mon frère c'est comme ça et inutile pour moi d'essayer de négocier un passage au checkpoint de la rivière avec les militaires ou les douaniers il n'y en a plus ce sont des sous-traitants qui désormais gèrent l'affaire on dit que ça limite les états d'âme quant aux âmes des états je les cherche encore juste entre nous jim je n'y crois plus les chiens de guerre se gavent de l'urine des peuples opprimés et le sel de l'eau des yeux irrigue le désert l'ONU est nue mon ami mon père ne reposera jamais sur les terres ancestrales et les propagandistes récoltent les dollars là-bas c'était chez moi là-bas c'est plus pour moi toi qui as un visa passe la frontière et dépose mes larmes au pied des oliviers de mon père. jim
jim, 08-03-2010 10:34:29
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